En début d’année Ecolo-Groen a mesuré la qualité de l’air (NO2) sur toute la région Bruxelles Capitale. Les résultats viennent juste d’être publiés. Que nous apprennent-ils?

Retenez votre respiration

Tout d’abord, et sans grande surprise, que la concentration en dioxyde d’azote (NO2) dans l’air dépasse la limite autorisée par l’Union Européenne. Avant de rentrer dans les détails, rappelons que la pollution de l’air est toujours toxique, même en petite quantité. Mais bien évidemment, plus elle est présente en grande quantité et plus est dangereuse.

Voici la carte publiée par Ecolo – Groen. On y voit très clairement que de nombreux points, en jaune et orange, frôlent la limite autorisée et que 47 points, en rouge et noir, la dépassent carrément ! Certains de ces points se trouvent à proximité de crèches, d’écoles, de maisons de repos ou d’hôpitaux. Or on sait très bien que la pollution de l’air, même à faibles concentrations, est très dangereuse pour les enfants, les personnes âgées et les malades. Le bonnet d’âne revient au parc Elisabeth avec une moyenne de 66,7 μg / m³ à cause du tunnel Léopold II qui ressort juste à coté. On aurait pourtant aimé y laisser jouer nos enfants, y courir, y pique niquer ou y boire un verre sans mettre sa santé en danger…

Un couteau sans lame auquel il ne manque que le manche

Deuxième enseignement : le dispositif de mesure de la qualité de l’air à Bruxelles doit être modernisé et étendu. Actuellement, pour toute la Région Bruxelles Capitale (1,2 million d’habitants / 161 km2), il n’y a que 8 stations qui analysent la concentration de dioxyde d’azote dans l’air, soit une station pour 150 000 habitants ! A cela s’ajoute le fait que les mesures de la station du carrefour Arts-Loi ne sont pas prises en compte dans le calcul de la moyenne bruxelloise sous prétexte qu’elle est placée trop près du trafic

Il est donc urgent que Bruxelles Environnement mette en place un système permettant de suivre, en temps réel et de manière beaucoup plus représentative, la pollution au dioxyde d’azote. De plus, les résultats de ces analyses doivent être facilement consultables et compréhensibles pour tous les Bruxellois.

Un problème sans solution est un problème mal posé

De nombreuses solutions existent pour donner à Bruxelles un second souffle. 47% des concentrations de N02 sont dues au trafic. Il faut donc limiter au maximum l’accès des véhicules fossiles, diesel en priorité mais également essence, au centre ville. Pour ce faire nous demandons aux pouvoirs en place de :

  • Rendre plus ambitieux le calendrier de la Zone de Basse Emission (LEZ) pour que tous les véhicules diesel soient interdit de circulation au centre ville d’ici fin 2023. Pour rappel, même les voitures Euro 6 dépassent les normes d’émission de NOx fixées par l’UE.
  • Mettre en place un péage urbain sur le principe du pollueur payeur et d’encourager les navetteurs à utiliser des moyens alternatifs à la voiture pour se rendre dans la capitale.
  • Diminuer le prix des transports en commun.
  • Encourager les modes actifs réduisant l’espace public accordé à la voiture, afin d’offrir des infrastructures agréables et sécurisées aux piétons et aux cyclistes.
  • Mettre en place une fiscalité sur le transport ambitieuse pour encourager la mobilité active, partagée et électrique dans la capitale. Au niveau fédéral, ceci doit également se traduire par la fin du régime des voitures de société.